Le ministre de l’éducation nationale a affirmé le 11 octobre ne pas retenir « l’idée de la bivalence » en collège, rapporte Les Echos. Le rapport sur la refondation de l’école avait en effet proposé d’« organiser un enseignement regroupé en champs disciplinaires à la fin de l’école primaire et au début de la scolarité au collège. »
Pourtant, selon l’Express Vincent Peillon n’aurait pas renoncé à l’École du socle et à fusionner ainsi le premier degré et le collège. Pour le SNES , dans un communiqué du 24 octobre, « non seulement cette fusion est rejetée par la masse des enseignants du second degré, mais, de plus, elle ne répond pas aux constats faits par tous sur l’origine des difficultés rencontrées par 15 à 20% des élèves en fin de CM2. »
Pour le syndicat, les Écoles du socle inscrites dans la loi « conduiraient même à remettre en cause la structuration disciplinaire du second degré et le statut des enseignants en imposant à certains professeurs en collège de devoir enseigner dans le premier degré et réciproquement. »
Le rapport sur la consultation pour la refondation de l’École vient de l’annoncer : « la nouvelle approche de l’éducation prioritaire », c’est de la supprimer, purement et simplement !
La labellisation, ZEP , REP, RAR ou autre, serait « stigmatisante », alors que rien ne le démontre. Le séparatisme social généralisé que met en lumière Eric Maurin, en revanche, est une réalité qui marque durement la France - et qui n’a pas attendu les labels pour dérouler tous ses effets.
Il s’agirait de reconnaître, enfin ! que la fragmentation sociale et territoriale a des origines bien plus profondes. Pourquoi donc la loi SRU est-elle si peu appliquée ou conduit-elle fréquemment à la constitution de ghettos infra-communaux ?
Pour tuer son chien, on dit qu’il a la rage, non ?...
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Conférence de presse du 11 octobre après le CSE
Du rapport de synthèse de la concertation qui s’est déroulée tout l’été au discours du Ministre de l’éducation nationale devant le CSE , en passant par le discours du Président de la République, le sort réservé à l’éducation prioritaire reste très incertain.
Délabellisation totale prônée par le rapport final de la concertation ou relance forte de l’éducation prioritaire proposée par la synthèse de l’atelier ? L’argument de la stigmatisation, décrypté par le SNES, ne tenant pas un instant, c’est la réforme prochaine de la Politique de la Ville qui vient à la rescousse. En proposant maintenant de calquer l’éducation prioritaire sur son futur zonage, la concentration des moyens sur un très faible nombre d’établissements reste à l’ordre du jour.
Et pourtant ! L’éducation prioritaire est d’autant plus une nécessité absolue que les perspectives économiques et sociales sont de plus en plus sombres. Pourra-t-on abandonner ainsi quantité d’établissements - et d’élèves - pour lesquels l’aide que représente l’éducation prioritaire est essentielle pour assurer la réussite ?
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Les déclarations sur la bivalence des enseignants en collège occupent régulièrement l’espace médiatique et continuent de fleurir aujourd’hui. Il suffit de remonter un peu le temps pour le constater. De Luc Ferry à Grosperrin en passant par Xavier Darcos, les déclarations se suivent et se ressemblent.
Laurent Schwartz avait dénoncé, en 1981, les méfaits de la bivalence des enseignants en collège. L’absence de formation de haut niveau dans l’une des deux disciplines ne permettait une maîtrise suffisante pour l’enseigner.
Les enseignants qui exercent en collège le savent bien, d’ailleurs, eux qui ont spécifiquement choisi une discipline et qui considèrent très massivement qu’elle est constitutive de leur identité professionnelle.
Ce petit florilège montre combien la tentation de la bivalence en collège repose sur des arguments qui n’ont rien de pédagogique.
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